Le dernier roman de Paul Colize est titré Back Up… C’est un roman noir, c’est annoncé sur la couverture. Mais avant d’être, ou tout en étant, un roman noir, c’est un roman de Paul Colize.
On retrouve avec plaisir son écriture, ses titres de chapitre qui en annoncent invariablement les derniers mots. On retrouve le plaisir qu’a Colize d’écrire et de nous offrir une intrigue travaillée, une construction élaborée qui joue avec nous, qui fixe notre attention en alternant les points de vue, à la première ou la troisième personne, ou omniscient derrière le déroulement des événements. Qui joue avec les époques, l’année dernière, ou celle d’avant, et les années 60 et leur déferlante rock qui avait pris naissance dans la décennie précédente.
Paul Colize nous offre une version toute personnelle de cette décennie et de son “sexe, drogue et rock’n roll” qui ne s’est pas arrêté avec la venue des années 70… Cette version est noire, particulièrement noire, elle nous donne une vision différente, désaxée, sur une période qui peut être mythique pour certains, qui est en tout cas historique (ça file un coup de vieux à d’autres, non ?).
Chez Colize, la drogue ou le rock’n roll deviennent inquiétants, flippants. Car c’est une manière toute personnelle qu’a Colize de célébrer le pouvoir de la musique, la puissance du son…
Nous suivons les trajectoires de plusieurs personnages. Un groupe de musiciens comme il en existait beaucoup au milieu des sixties, un groupe anglais, un groupe de rock, décimé sans raison
apparente. Un autre musicien, un batteur
belge,
qui fuit l’armée puis la police, qui dégringole. A travers ces trajectoires et les enquêtes qu’elles suscitent, nous parcourons les années en côtoyant les individus en marge qui rêvaient d’un
monde meilleur, d’un monde différent et ne voulaient pas de celui qu’on leur offrait, en côtoyant les milieux musicaux et leur déglingue, leur jusqu’au-boutisme dans toutes les expériences qu’il
leur était donné de vivre… La drogue coule à flot, la musique devient une religion, le rock’n roll déchaîne les passions et un monde va passer près de l’explosion…
Les différents points de vue enrichissent la peinture de l’époque. Elle est vue sous des angles variés, avec pour épicentre la musique. La musique et les passions qu’elle a provoquées, chez les spectateurs ou spectatrices. La musique et les vocations qu’elle a suscitées. La musique et la récupération inévitable qu’elle a générée, son pouvoir sur les foules présentant un attrait pour nombre de personnes plus ou moins bien intentionnées.
Vous l’aurez compris, Colize explore l’influence de la musique et du son sous bien des aspects… Son ouvrage n’a pourtant rien de théorique. Il nous offre une intrigue prenante, il nous offre, comme à son habitude, des personnages particulièrement réussis, des personnages en marge que l’on a l’impression d’avoir croisés. Que l’on est sûr d’avoir croisés une fois le livre refermé, tellement ils sont fouillés, réels, pleins de zone d’ombre, de doutes.
Et puis, Paul Colize nous gratifie de clins d’œil avec, par exemple, l’évocation de l’objet central de l’intrigue de son roman Le baiser de l’ombre, lors d’une visite de musée. Et d’ailleurs, bien que, vous l’avez compris, la musique soit le centre du roman, la peinture est toujours présente, autre signature du romancier, amateur de cet art. Nous voyageons de nouveau, de Bruxelles à Paris, de Londres à Berlin, de Montreux à Vienne ou New York…
C’est bien un roman de Paul Colize, un roman noir.
Noir, car nous suivons des itinéraires qui sombrent petit à petit… nous suivons des individus qui se perdent, volontairement ou victimes d’une société de laquelle ils se sentent de plus en plus étrangers, à l’image de cette musique qu’ils ont aimée et dont ils s’éloignent, en regrettant son évolution ou l’arme qu’elle peut devenir… A l’image de ces disparitions qui jalonnent notre parcours au travers des pages.
Un roman noir car il en devient paranoïaque… et nous donne envie d’en réécouter la bande-son, l’esprit peuplé de nouvelles images pour accompagner ces morceaux évoqués au cours de la lecture et listés en fin de livre.
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permettre.
meurtrier. Une femme, commissaire de son état, sent l’histoire beaucoup plus compliquée qu’un simple règlement de compte quand elle débarque sur les lieux d’une tuerie particulièrement
efficace et sauvage.
de Frédéric Forsyth en quatrième de
couverture, après un autre proche d’un polar plus classique, cette fois, Oppel lorgne du côté des grands contemporains et de l’un d’entre eux en particulier.
Il avait rendu
hommage à certains aînés auparavant, cette fois, il s’empare d’une légende pour nous raconter une histoire bien actuelle… Il s’empare d’une légende pour la pervertir. Arthur et les chevaliers de
la table ronde ne sont plus ce qu’ils étaient, ils ne sont même plus tout à fait du même côté, les vielles rivalités les ont poussé dans des camps opposés. Les chevaliers ne sont plus aussi
fringants, les fées ont sombré, emportées par leurs mixtures.
petits chiens et des ombres”.
un
flic, un enquêteur, aux prises avec une affaire nauséabonde. Une affaire de crimes en série aux répercussions délicates… Une affaire qui va l’obliger à désobéir à ses supérieurs, à plonger dans
une histoire dont il ne pourra de toute évidence pas ressortir entier. Indemne, comme on dit.
série qui déboulent jusqu’à nous, il nous parle des
croyances et de l’endoctrinement qui y sont attachées, parfois… Après l’économique, le spirituel détruit les âmes…
femme, aimant les armes et acceptant
certains contrats pour l’argent, et son chien aux ambitions si proches de sa maîtresse.
un homme est aux prises avec une réalité qu’il ne connaissait pas. C’est un polar qui bouscule et vous tient en haleine avec un rythme particulièrement soutenu. Ça commence
fort, ça commence avec un massacre perpétré de main de maître. Le massacre d’une famille réunie autour de la table pour partager un repas. Une famille dans laquelle le père, Jérôme-Dieudonné
Salgan, manque seul à l’appel… Pour une roue crevée, roue crevée à cause d’un chauffard dont il se prend à penser qu’il n’est pas étranger à l’élimination de sa famille. Et ce père ne va plus
penser qu’à régler leur compte à ceux qui ont fait ça, il est en vie et il doit s’accrocher à quelques chose. Mais il n’est pas familier des enquêtes, pas familier des pistes à suivre ni de la
manière de les débusquer, les pistes. Cette naïveté va lui servir puisqu’il en devient imprévisible du point de vue des professionnels, engoncés dans leurs habitudes. Oppel nous offre un
personnage proche de nous, confronté à un univers que nous ne connaissons qu’à travers la lecture. Et l’alchimie prend. Que demande le lecteur sinon d’être dans l’histoire ?
sauver son frère. Dans sa banlieue, cet ancêtre de la cité, de ces cités dont on parle à tout bout de champ désormais. Zaune va devoir
courir pour sauver son frère de ses trafics et de ses tentatives particulièrement naïves d’escroquer plus fort que lui…
un exécuteur de basses œuvres appelé là
pour nettoyer la ville de ses empêcheurs d’exploiter en rond. Un exécuteur qui se prend à penser, qui ne maîtrise plus son côté humain…