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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 18:03

En 1999, deux ans après Mort et vie de Bobby Z paraît California Fire and Life, nouveau roman de Don Winslow. Il nous parvient trois ans plus tard, traduit par Oristelle Bonis, sous le titre Du feu sous la cendre. Comme son titre l’indique, il confirme le nouveau territoire de prédilection de son auteur, cet état de l’ouest des Etats-Unis, paradis des surfeurs, des tremblements de terre et… des incendies.

 

Jack Wade est un ancien flic devenu expert pour les assurances La Californienne d’incendies. Il était déjà expert dans le domaine chez les flics mais une sale affaire l’a contraint à la démission douze ans plus tôt.

Jack Wade est un amateur de surf. Un amateur plutôt aguerri puisqu’il pratique sa passion à Dana Point, l’une des plages meurtrières pour les surfeurs présomptueux. Mais il n’est pas présomptueux même si une vague l’attrape et l’envoie par le fond Du feu sous la cendre (Belfond, 1999)lors d’un moment d’inattention… Jack vient d’apercevoir un panache de fumée et, de retour sur la plage, il est appelé pour se rendre sur le lieu du sinistre. C’est toute l’aile ouest d’une baraque valant son pesant de dollars qui vient de se consumer. La femme qui occupait la maison, Pamela Vale, y a laissé la vie et Brian Bentley, le flic chargé de l’affaire lui fait part de sa conclusion, incendie accidentel. La femme buvait, elle a laissé tomber sa cigarette en s’assoupissant et il n’a fallu que quelques minutes pour que tout flambe.

Bentley et Wade ont un arriéré qui date de l’affaire qui a valu à Jack de quitter la police. Mais ce n’est pas pour ça que Jack en vient à se poser des questions. Les interrogations lui viennent de sa propre enquête, son travail d’expertise sur les lieux-mêmes de l’incendie. Il découvre un ensemble d’éléments qui l’amène à requalifier la nature du sinistre. Le simple fait que le chien de la famille a été épargné, retrouvé dehors alors que la maison était toutes fenêtres et portes fermées, ayant suffi à le pousser à approfondir ses recherches. Il se pose des questions, et ce d’autant plus facilement que le mari récemment séparé, propriétaire de la maison, s’est empressé de contacter la compagnie d’assurances pour demander son indemnisation alors que le corps de sa femme n’était pas encore froid. Nicky Vale est un immigré de fraîche date. Il s’appelait Diazetnik Valeshin, ressortissant russe, en débarquant en terre californienne. Et il incarne un certain rêve, celui de l’homme qui s’est fait tout seul, ancien chauffeur de limousine devenu promoteur immobilier à la faveur du boum des années 80…

En Californie, les contraintes de temps et de lieu ne pèsent plus. On se libère de ce qui nous lie à l’histoire, à une nationalité, à une culture. On peut cesser d’être ce que l’on est pour devenir ce que l’on a toujours rêvé d’être. Tout ce que l’on a toujours rêvé d’être. Personne ne va vous en empêcher, vous traiter de haut, vous critiquer, puisque tout le monde est pareil.

Un bras de fer se déclenche entre les deux hommes. Entre l’expert reconnu qu’est Jack Wade et l’homme d’affaire, aux influences multiples, aux relations puissantes. Des sommes colossales sont en jeu et la vie d’une femme pèse également dans la balance. Elle pèse d’autant plus qu’elle s’avère être la demi-sœur de Letty Del Rio, le seul amour de Wade, à laquelle il avait pourtant tourné le dos lors de son départ de la police. Il faut dire qu’il était alors un homme fini, sans avenir. Il serait devenu une épave, un moins que rien, s’il n’avait été repêché par Billy Hayes, le chef du département indemnisation de la compagnie d’assurances l’ayant embauché.

Au fur et à mesure de l’enquête, la tension monte, la lutte s’intensifie, révélant des ramifications plus étendues que prévues, des implications plus élevées qu’imaginé. Jack Wade doit lutter, son intégrité, ses convictions sont ballottées et pourraient bien avoir des conséquences particulièrement désastreuses. La mafia, la justice, tout un pan de la société californienne s’avérant gangréné par les trafics et les collusions apparemment contradictoires.

 

Don Winslow, dans un style efficace, à un rythme soutenu, parfaitement maîtrisé, nous entraîne dans cette aventure au suspens prenant sans qu’il soit possible de résister. Les rebondissements arrivent à point nommé, empêchant le soufflé de retomber. Nous en apprenons par ailleurs pas mal sur le feu, les différentes phases qui caractérisent un incendie, dans cette intrigue fortement documentée.

Don Winslow retrouve, avec cette histoire, ce qui avait caractérisé les premières aventures de Neal Carey, cette sensation pour le lecteur d’en apprendre plus, au passage, sur un sujet. Il poursuit dans le même temps son évolution, imbriquant son travail de documentation à une intrigue rythmée, à la manière de son roman précédent. Le surf gagne en importance, juste évoqué comme le passe-temps de Bobby Z, il est cette fois décrit en passant. La Californie s’affirme comme le terrain idéal des intrigues de l’écrivain, en inspirant fortement le contenu.

 

Dans son roman suivant, Winslow va pousser encore ses tendances. Il lui faudra six ans pour l’achever, son investigation documentaire se révélant prenante et longue… La griffe du chien achèvera de confirmer tout l’intérêt et toute la qualité du travail de l’écrivain.

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Published by Jérôme Jukal - dans Winslow Don
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 16:17

En 1997, un an après la parution de son premier roman hors de la série des Neal Carey, Dernier verre à Manhattan, Don Winslow en publie un nouveau, The Death and Life of Bobby Z. Il nous arrive un an plus tard, traduit par Oristelle Bonis, sous le titre Mort et vie de Bobby Z.

 

C’est un tournant dans la carrière de l’écrivain. Non seulement parce qu’il change de traducteur de ce côté-ci de la planète mais aussi parce qu’il s’inscrit dans une nouvelle veine. C’est son premier roman se situant dans le présent, après la fin des années 70 et le début des années 80 pour Neal Carey, puis l’année 1958 pour Walter Withers et son dernier verre à Manhattan. Ce dernier verre semble aussi être celui de son auteur puisqu’il situe sa nouvelle histoire sur la côte ouest, plutôt au sud, en Californie, à cheval sur la frontière mexicaine. C’est un territoire que Winslow va adopter pour quelques temps, aux environs de San Diego, sur les rivages qui bordent le Pacifique, Laguna Beach ou autres…

C’est un tournant dans la carrière d’écrivain de Don Winslow par le rythme adopté. Les chapitres sont courts entre trois et dix pages en moyenne. On sait qu’il l’a écrit lors de ses trajets quotidiens en train, un chapitre par voyage, et ce cadre qu’il s’est imposé influe fortement sur l’enchaînement des séquences. Les rebondissements et cette vitesse exigée font du roman un très proche cousin des feuilletons du dix-neuvième siècle, un cousin moderne de romans tels que ceux d’Emile Gaboriau.

Le tournant dans la carrière d’écrivain de Winslow est aussi la conséquence de ce roman et de son succès puisqu’il devient, après Mort et vie de Bobby Z, un écrivain à plein temps.

 

 Tim Kearney a la poisse. Lors de son énième séjour en prison, Tim a tué Stinkdog, un caïd, signant ainsi son arrêt de mort. Tim est un as de la récidive, se faisant prendre quasiment à chaque fois. Le seul répit qu’il a connu a été lors de son engagement dans les marines, engagement qui lui a valu une médaille et un retour à la vie civile prématuré, sans gloire. C’est que Tim est instinctif, ne maîtrisant pas ses pulsions… c’est ainsi qu’il a tué Stinkdog avec une plaque d’immatriculation aiguisée. Le FBI saute sur l’occasion pour lui proposer un marché qu’il ne peut pas refuser. Tim est le sosie de Bobby Z, un trafiquant d’herbe récemment emprisonné et ayant malheureusement Mort et vie de Bobby Z (Belfond, 1998)passé l’arme à gauche dans sa cellule. Le FBI propose donc à Tim de prendre la place de Bobby Z pour pouvoir être échangé contre un agent retenu par un trafiquant mexicain désireux de s’associer à Bobby. Après la mort, c’est donc bien la vie de Bobby Z qui nous est racontée…

Mais Tim a la poisse. Et l’échange ne se déroule pas comme prévu, la tension des deux côtés transforme la scène en carnage. Tim parvient à s’échapper et à rejoindre l’endroit où il devait aller. Il comprend rapidement que l’échange était ardemment désiré par Don Huertero dans un autre but qu’une association entre trafiquants. S’il ne s’échappe pas de nouveau, il sera mort.

Nous assistons tout au long du livre à la fuite de Tim Keanrey, alias Bobby Z, devant ses poursuivants. Poursuivants nombreux puisqu’il s’agit des hommes de Huertero, de ceux d’Escobar, le frère d’un des policiers abattus lors de l’échange, des agents du FBI, des membres de la confrérie à laquelle appartenait Stinkdog, la victime de Kearney. C’est une fuite en avant, pleine de poisse. Poisse qui étonnamment va confirmer la légende de Bobby Z, un homme ayant su échapper à tout. Tim fuit, encombré d’un môme se révélant un précieux allié parmi d’autres, Elizabeth, une ancienne maîtresse de Bobby ou encore One Way, un ancien camé pas vraiment revenu d’un mauvais trip.

 

Ça dézingue allégrement. Ça explose, canarde à tout va. Et c’est captivant.

Avec une intrigue pas si originale que ça, Don Winslow écrit un roman plaisant. Un roman au rythme soutenu, au ton nouveau, léger et séduisant. Les chapitres courts font qu’on les enchaîne sans s’en rendre compte, facilement, sans pouvoir arrêter.

L’océan est tout proche, les surfeurs sont à portée de main, l’herbe est un business, un cadre est planté. Un univers qui ne demande qu’à être investi…

 

Ce roman californien réussi va en appeler d’autres, à commencer par Du feu sous la cendre.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 15:01

En 1996, la même année que le dernier opus de la série Neal Carey, paraît Isle of Joy. Ce nouveau roman de Don Winslow est d’abord édité au Royaume-Uni. Il l’est l’année suivante aux Etas-Unis, sous un nouveau titre, A winter spy, et même sous un autre nom d’auteur, Lloyd MacDonald, pour ne pas interférer avec la parution du roman suivant de l’auteur, The Death and Life of Bobby Z. La traversée de la Manche ou de l’Atlantique, on ne sait pas, va prendre pas mal de temps, puisqu’il n’est arrivé chez nous que cette année, traduit par Philippe Loubat-Delranc, sous le titre Dernier verre à Manhattan.

 

Pour cette première histoire sans Neal Carey, Winslow ne plonge pas complètement dans l’inconnu puisqu’il se penche sur une courte période du passé d’un personnage croisé par Carey, Walt Withers. Leur rencontre avait eu lieu dans  A contre-courant du grand toboggan.

Après s’être attardé sur le tournant des années 80, Winslow repart donc un peu plus dans le passé et s’arrête à l’année 1958. Année où la guerre froide est d’actualité, la guerre froide et ses conséquences collatérales de triste mémoire, telles que la chasse aux sorcières et ses commissions à l’affût des activités “antiaméricaines”. Dernier verre à Manhattan (Seuil, 1996)Walter Withers vient de renoncer, dans le prologue, à son travail pour la CIA. Le mal du pays qu’il éprouvait se conjuguant avec une couverture commençant sérieusement à sentir le roussi. En fait de mal du pays, c’est surtout sa ville qui manque à Withers, New York. Nous le suivons lors des derniers jours de l’année, entre le 24 et le 31 décembre, alors qu’il est revenu et travaille pour Forbes et Fils, une agence de détective.

Le tableau de départ est idyllique, Withers est à New York, il chérit sa ville et, comble de bonheur, sa maîtresse, la pianiste de jazz Anne Blanchard, est également là. Il est amoureux et partage avec sa belle la plus belle ville du monde, à ses yeux. De plus, il exerce un métier qui lui convient, dans un service lui permettant de mener la vie qu’il souhaite, horaires de bureau et virées nocturnes à la suite de sa dulcinée dans les bars et autres clubs de jazz, dans un New York branché, qu’ils savourent à chaque instant.

 

Tout cela pourrait continuer indéfiniment mais, on s’en doute, ça ne sera pas le cas. Les ennuis commencent quand Walter Withers est invité par son patron à jouer le garde du corps de l’épouse d’un sénateur en pleine ascension. Madeleine Kenealy est une belle femme et son mari, un brillant orateur, ils ont tout pour occuper le devant de la scène et sont pressentis pour être le futur couple présidentiel. Seulement voilà, si Withers est là pour jouer le chaperon de Madeleine Kenealy, c’est parce que son mari a un autre agenda en tête, agenda qui comprend quelques galipettes avec une actrice suédoise justement présente à la soirée. La soirée achevée, Withers n’en a pas fini avec le couple vedette. A son corps défendant, il va de nouveau être sollicité pour les accompagner… Seulement, au lendemain de cette deuxième soirée, Marta Marlund, l’actrice aux courbes plus que généreuses que Withers a congédié à la demande de Joe Kenealy, est retrouvée morte dans la chambre enregistrée au nom du détective pour préserver l’image du sénateur.

Au cours des jours suivants, Walter Withers va devoir avancer tout en sentant l’intérêt pour sa personne s’amplifier, la police, le FBI, les hommes de main du sénateur. Pas mal de monde veut savoir ce qu’il sait… Et comme, de plus, Anne est concernée, Withers reprend les anciennes habitudes, celles de son séjour en Europe en tant qu’espion, tout en assurant son travail, notamment en menant une enquête sur Michael Howard, un cadre en passe d’être promu…

 

Don Winslow reprend les habitudes de ses premiers opus de la série sur Neal Carey, à la manière du premier,  Cirque à Picadilly, il nous offre la description d’une ville, après Londres, c’est New York. Et on peut dire qu’elle nous est décrite. Le travail de documentation apparaît également, un travail important, à tel point qu’il semble parfois que Winslow ait voulu le mettre en évidence, comme si de telles recherches ne pouvaient être tues. Nous avons ainsi des listes, celles des spectacles se jouant alors à Broadway, celles des vedettes faisant l’actualité et de leurs films. Cette mise en avant du travail de recherche trouvant son apogée au travers de la description d’un match de football (ce que l’on appelle football de l’autre côté de l’Atlantique) sur une bonne dizaine de pages. On sent que parfois Winslow s’est peut-être trouvé emporté dans son élan, oubliant de vérifier ce qu’il pensait ne pas en avoir besoin, une affiche du Jules et Jim de Truffaut apparaissant ainsi sur le mur d’un cabaret alors que le film n’est sorti qu’en 1962… Cela offre un roman au ton particulier, autant sur New York et son époque que sur les quelques jours et le suspens inhérent au genre dans lequel s’ébat le romancier. S’amusant également avec l’époque par le biais de ce sénateur Joe Kenealy, en pleine ascension, secondé par son frère Jimmy et ayant une fâcheuse propension à tromper allégrement son épouse pourtant si charmante et charismatique… Toute ressemblance avec un autre sénateur démocrate gravissant, à l’époque, les marches devant l’amener à la fonction suprême, catholique comme le personnage et au nom étrangement proche de celui choisi par Winslow, toute ressemblance, donc, n’est sans doute pas fortuite.

 

C’est au final une œuvre intéressante, curieuse, bien construite, dans laquelle on sent que l’expérimentation dont Winslow avait fait preuve sur les derniers opus de la série Neal Carey n’a pas encore abouti.

Un livre qui sonne également comme un adieu à une ville… Neal Carey en était un de ses enfants, Walter Withers ne peut pas vivre trop longtemps éloigné de ses lumières… Winslow quant à lui va gagner l’ouest et cette Californie qui sera sa nouvelle terre d’accueil…

Une dernière course new yorkaise, donc, avant l’envol californien du livre suivant, Mort et vie de Bobby Z.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 20:30

En 1994 paraît l’épisode suivant des aventures de Neal Carey, A long walk up the water slide. Philippe Loubat-Delranc le traduit cinq ans plus tard sous le titre A contre-courant du grand toboggan. Et il en faudra du temps pour que Neal remonte ce toboggan.

 

Neuf mois ont passé depuis la conclusion de la dernière mission de Neal Carey. Neuf mois au cours desquels il s’est installé dans ce coin du Nevada qu’il avait alors découvert. Neuf mois à filer le parfait amour avec Karen, rencontrée alors. Mais tout a une fin et, comme toujours, c’est P’pa qui vient sonner l’heure. Joe Graham ne se contente pas, cette fois, d’informer Neal, il lui remet en main propre l’objet de sa mission… enfin, l’objet, il s’agit d’une femme, Polly Paget, cette même Polly Paget qui défraye alors l’actualité après avoir accusé Franck Landis de viol. La nouvelle mission ne consiste pas seulement à protéger la jeune femme mais également à lui apprendre à parler correctement. Articulation et syntaxe… La transcription de sa diction, A contre-courant du grand toboggan (Gallimard, 1994)surprenante au début, n’est pas le côté le plus réjouissant du roman, alourdissant les dialogues par l’obligation que l’on a à s’adapter quand on lit son discours.

Pour cette aventure, et pour la première fois, Neal ne voyage pas énormément, se contentant d’aller d’Austin à Las Vegas. C’est qu’il n’a rien à chercher, ce sont les autres qui s’en chargent. Cette mission qui s’annonçait simple, comme les précédentes, va s’avérer compliquée, comme les précédentes, puisqu’elle implique la mafia par le biais de Joey Foglio dit Joey con Carne, l’accusé, Franck Landis, et sa femme Candice, un magazine érotique et le privé qu’elle engage, Walt Withers, et, bien sûr, les Amis de la Famille, agence de détectives dépendant de la fameuse banque de ce Rhode Island qui a vu grandir Winslow.

Tout ce petit monde converge vers la minuscule ville d’Austin avant de se déplacer jusqu’à Vegas.

 

Neal Carey n’est plus précisément à la recherche de lui-même, il s’est accompli avec Karen. Il s’est trouvé. Il est même parvenu à boucler son mémoire sur Tobias Smollett. Il aspire à la tranquillité, à s’éloigner de ces amis de la famille qui lui ont pourtant permis de devenir celui qu’il est. Lui, l’ancien gamin livré à lui-même dans les rue de New York.

Don Winslow s’en prend cette fois à ces vedettes de la télé des années 80 mettant leur vie en scène face aux téléspectateurs. Un couple vedette affichant des valeurs familiales traditionnelles pris la main dans le sac, en flagrant délit de mensonge. Un couple vedette s’étant enrichi grâce à cette image fabriquée. Nous ne sommes pas seulement dans l’univers de la télé mais également dans celui de la spéculation et des collusions avec le crime organisée. Une intrigue plus traditionnelle, moins surprenante que les précédentes. Une intrigue empruntant des chemins balisés. Et dont est absent ce côté journalistique qui avait fait le sel des précédentes avec Londres et ses côtés sombres, la Chine et sa révolution culturelle ou encore l’extrême-droite aux Etats-Unis et ses dérives.

L’humour de Winslow et son talent à conter une histoire sont toujours présents et permettent au roman de rester au-dessus de la production moyenne… Mais notre auteur paraît s’essouffler quelque peu à la suite d’un Neal Carey moins motivé.

 

 

C’est en 1996 que sort le dernier opus des missions de Neal Carey, While drowning in the desert. Toujours traduit par Philippe Loubat-Delranc, il travers l’Atlantique pour débarquer chez nous et dans la langue de Molière en 2000, sous le titre Noyade au désert.

Comme d’habitude, P’pa dérange Neal dans la vie qu’il a adoptée. Toujours au côté de Karen et, pour la scène qui ouvre le roman, sortant du jacuzzi obtenu en récompense de la mission précédente.

Petite nouveauté, Neal Carey est le narrateur. L’histoire est racontée à la première personne. Winslow Noyade au désert (Gallimard, 1996)multiplie même les points de vue, Karen prenant le relais de son petit ami à certains moments, le journal d’un troisième personnage offrant également une autre perspective, ainsi qu’un échange épistolaire. Nouvelles explorations pour Don Winslow qui finit de fourbir ses armes pour ses romans à venir.

Le ton est résolument humoristique, parti pris souligné par le biais de Natty Silver, personnage que Neal doit récupérer à Vegas et ramener à Palm Springs, tout en le protégeant de personnes se révélant mal intentionnées à son égard. Natty Silver est un ancien comique vedette, soliloquant sans cesse, répétant jusqu’à plus soif les sketchs qui ont fait sa réputation. Neal doit le supporter tout en se questionnant sur la demande de Karen au moment de son départ, celle d’avoir un bébé...

C’est donc par une fantaisie que se clôt la série Neal Carey, une fantaisie agréable, avec ses rebondissements, ses bagarres et courses-poursuites. Une fantaisie qui nous rappelle en passant qu’elle se déroule dans les années 80, plus précisément en 1983 pour celle-ci, année de la mise en circulation des premiers téléphones mobiles, elle nous le rappelle notamment par l’usage qui est fait de cet outil justement, comme si sa mise en circulation avait coïncidé avec son succès, son usage de masse… Une pure fiction. Pas si anecdotique puisqu’elle souligne la liberté qu’a prise Winslow, moins attaché au réalisme qu’il semblait priser lors des épisodes précédents.

Toutes ses petites évolutions font que la série perd de sa force, se rapprochant du tout-venant, s’en distinguant encore par le style et un certain détachement de son auteur.

 

La même année que cette dernière aventure de Neal Carey paraît un nouveau roman de Don Winslow, un roman signé dans un premier temps d’un pseudo et venant tout juste de nous parvenir, Dernier verre à Manhattan.

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 17:09

En 1993, toujours au rythme d’une par an, paraît la mission suivante de Neal Carey, Way down on the High Lonely. Elle nous parviendra cinq ans plus tard sous le titre Au plus bas des Hautes Solitudes, traduit une nouvelle fois par Philippe Loubat-Delranc.

 

Le prologue est comme les précédents. P’pa reprend contact avec Neal. Cette fois, cela aura été encore plus compliqué, puisqu’il s’agit dans le même temps d’obtenir la liberté pour notre héro récurrent, maintenu isolé dans un monastère chinois sur les contreforts de l’Himalaya. Mais, aux “amis de la famille”, rien n’est impossible. Joe Graham le ramène vers les bienfaits de la civilisation pour reprendre le cours de sa vie. Une mission et les études.

Au plus bas des Hautes Solitudes (Gallimard, 1993)Il s’agit pour l’heure de retrouver un gamin que son père a enlevé à sa mère. Une mère, Anne Kelley, productrice à Hollywood, et un père, Harley McCall, cow-boy expatrié par amour dans la ville du cinéma… Seulement, McCall n’est plus à Los Angeles, il a regagné des contrées qui lui conviennent mieux. Neal a juste le temps de goûter au confort d’un hôtel de luxe qu’il doit déjà repartir. Pour la Californie, on verra plus tard. Il est accompagné par quelques uns des amis de la famille, l’affaire paraissant quasiment bouclée, la trace de McCall retrouvée dans une petite ville d’Arizona. Les choses ne s’avèrent bien sûr pas si simples. Et quand les amis de la famille décident de rentrer à New York, Neal désobéit une nouvelle fois pour reprendre l’affaire en solo, en faisant presque une croisade personnelle puisqu’il a compris entre temps que le père s’était laissé embringué par un groupuscule proche des survivalistes, extrémistes de l’intérieur prêts à renverser un gouvernement qu’ils décrivent comme étant aux mains des juifs et des nègres…

Le parcours de Neal le conduit d’un ranch plus proche du bordel que de l’élevage à une vallée non loin d’Austin, Nevada. Une vallée isolée tant par sa situation géographique, en altitude, que par le climat qui en découle. Une vallée répondant au nom plein de promesses de Hautes Solitudes. C’est là que Neal pense être le plus proche de Cody, l’enfant disparu. Il s’installe chez les Mills, non loin d’un autre ranch, celui de Bob Hansen qui se révèle être membre de “l’église de la véritable identité chrétienne”, comme Harley McCall, et même l’un des responsables des Fils de Seth, une branche armée de cette même église.

 

Les aventures de Neal Carey, avatar de Tintin en plus sexué, ont, pour cet épisode, des allures de western. Il prend, comme d’habitude, sa mission tellement à cœur que les “amis de la famille” se voient contraint de lui emboiter le pas. Neal Carey est toujours insaisissable, à la recherche de son identité. Son passé ne l’aidant pas dans cette quête. Alors, après l’Angleterre, la Chine Populaire, le voici frayant avec une certaine tendance de son pays, l’ennemi existant aussi en son sein…

Ça canarde, ça se bagarre, ça trahit. Mais, dans le même temps, ça s’avère plus profond que ça en a l’air. Pas trop profond, je vous rassure, mais riche quand même… avec ce qu’il faut d’humour pour alléger le tout.

Neal Carey n’est pas au bout de ses peines puisqu’il va revenir avec une mission au titre toujours aussi savoureux.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 15:44

En 1991, paraît le premier roman de Don Winslow, A cool breeze on the underground. En traversant l’Atlantique, il deviendra, quatre ans plus tard, Cirque à Picadilly.

C’est la première mission de Neal Carey qui nous est racontée. Notre première rencontre avec le personnage.

Neal est étudiant et voit la progression de ses études stoppée par un appel. Un appel de P’pa alors que Diane, sa fiancée, croyait qu’il n’avait pas connu son père. Mais la vérité n’est pas si simple et Neal ne sait pas comment s’en dépêtrer. Par contre, ce qu’il sait faire, c’est le détective privé. Détective privé pour une agence particulière, celle des Amis de la Famille. Emanation d’une banque réputée de la Nouvelle-Angleterre, celle de la famille Kitteredge à Providence, Rhode Island. Neal part toutes affaires cessantes pour Londres, dernier endroit où l’on a vu Allie, la fille du sénateur Chase, en passe d’être candidat à la vice-présidence… Il part en laissant en plan ses études, un partiel l’attendait le lendemain, et sa copine, Diane.

 

Don Winslow nous raconte en parallèle les années d’apprentissage de Neal Carey sous la férule de Joe GrahCirque à Picadilly (Gallimard, 1991)am, depuis qu’il est gamin, et la recherche à laquelle il s’attèle, celle de cette fille de bonne famille ayant fugué et vraisemblablement sombré dans la drogue et la prostitution.

C’est un roman particulièrement plaisant que nous offre l’écrivain pour ses débuts. Lui qui a été tour à tour détective, guide pour safari, enseignant, journaliste, agent de sécurité, nous offre quelques personnages hauts en couleur proches de ses différentes activités précédentes.

Neal déambule dans Londres, autour de Picadilly comme nous l’annonce le titre français, et nous en propose un aperçu à la fois touristique et sans fard. Il croise des collectionneurs et d’autres personnages remarquables, il croise également des punks et ce qui pourrait s’apparenter aux bas-fonds d’autrefois. Les bas-fonds du titre original, sur lesquels va souffler une douce brise. Son histoire, contée dans le même temps, est également remarquable, l’apprentissage d’un gamin des rues dont les dons vont lui permettre de grimper les échelons, de s’affirmer et de découvrir la littérature, particulièrement celle du XVIIIème en Grande-Bretagne, et notamment Tobias Smollett.

Neal est sorti d’une existence compliquée et sa mission précédente l’a également marqué. Un échec qu’il supporte difficilement… Un échec qui le pousse à mener cette mission d’une manière pas complètement conventionnelle. A la mener pas complètement en adéquation avec ce que ses supérieurs attendent de lui.

 

C’est une histoire pleine de rebondissements, violente, où il est difficile d’être sûr de la réalité, une histoire de manipulation en même temps que l’histoire savoureuse d’un apprentissage et de la découverte par un gamin d’un univers que nous avons croisé à maintes reprises. Un gamin dont les premières lectures seront Dickens, Oliver Twist, Les grandes espérances, David Copperfield, tout un programme.

Le ton de Don Winslow est agréable, allié à une manière de mener l’intrigue à sa guise, de jouer avec certains poncifs, de s’en affranchir.

Il y a plein de promesses dans ce premier bouquin que le romancier se chargera de tenir dans les romans suivants. A commencer par la suite des aventures de ce détective privé original qu’est Neal Carey. Etudiant-détective, décidé à achever son mémoire sur Tobias Smollett, détective sensible près à succomber aux charmes des femmes qu’il croise et à enfreindre certaines règles quand sa morale est trop malmenée.

 

 

L’année suivante paraît The trail to Buddha’s mirror qui deviendra Le miroir de Bouddha chez nous, une fois traduit par Philippe Loubat-Delranc, comme le précédent.

En cette année 1977 (je ne m’étais pas posé la question lors de la première aventure de quand se situait l’histoire, la réponse est là, dès le début de ce deuxième opus), Neal Carey s’est isolé, ainsi que le lui avaient demandé ses chefs des “amis de la famille”, à la suite de sa mission précédente. Sept mois d’isolement qui lui ont permis d’avancer dans son mémoire et l’étude de Tobias Smollett. Sept mois d’isolement dans la petite baraque qu’il avait découverte lors de son voyage en Angleterre…

Et c’est là que P’pa vient le chercher. Ça ne pouvait pas durer. Neal doit reprendre l’université et avant ça, régler une petite affaire pour les “amis de la famille”. Joe Graham a bravé l’avion pour le ramener vers la société et lui expliquer sa prochaine mission, faire revenir dans son entreprise Robert Pendleton, biochimiste, Le miroir de Bouddha (Gallimard, 1992)qui roucoule depuis six semaines dans les bras d’une certaine Lila, rencontrées lors d’un séminaire à San Francisco, Californie.

Ça ne sera, bien sûr, pas si simple que ça en avait l’air sur le papier ou dans la bouche de Graham. De San Francisco, Neal va voler jusqu’à Hong-Kong et être pris en étau entre les espions de son pays et ceux de la Chine Populaire. Les aventures se succèdent, les rebondissements également, Neal parcourt la ville épaulé par Ben Chin (ou est-ce Chen ou Chang ? Le personnage change de nom d’une ligne à l’autre. Pas un effet de l’auteur, plutôt un oubli dans la relecture) dont l’organisation est tout aussi secrète que celles des poursuivants du héro. Un héro brinquebalé entre les pays qui s’affrontent, les organisations et ses propres sentiments… notamment vis-à-vis de Li Lan.

Une nouvelle fois, Neal Carey doit affronter ses sentiments, sa morale et celles des personnes qui l’emploient ou le manipulent. “Le miroir de Bouddha” et le chemin, celui du titre original, qui y mène semblent sans mystère, un tableau découvert dès les premières pages porte ce nom… Mais le miroir de Bouddha va se révéler différent, plus riche, et le chemin qui y mène beaucoup plus ardu, exigeant. Neal y perdra pas mal, en ressortira éprouvé, cassé mais les années qui suivent, celles annoncées par le final, seront sans doute paisibles et reposantes. Un retour sur soi, un isolement, dont Carey est friand. A l’image de ce qu’il avait déjà connu à la fin de sa première aventure.

La construction du roman est plus simple que celle du premier, pas de retour en arrière vers les années d’apprentissage, juste l’alternance des points de vue des personnages. On retrouve à nouveau cette envie d’approfondir son sujet, de la part de Winslow ; il glisse de vrais morceaux d’histoire dans son intrigue, l’histoire de la Chine Populaire en l’occurrence. De la Chine Populaire et de ses différentes phases politiques, des luttes internes pour le pouvoir et leurs conséquences sur la population. Les sentiments des personnages sont à fleur de peau, les scrupules manquent à certains et tout cela donne une intrigue prenante. Avec un personnage central ballotté au cœur de son temps par les soubresauts de volontés qui ont apporté tant de souffrances…

 

Neal Carey devra toutefois redescendre de ses hauteurs, quitter son havre de recueillement, pour vivre sa mission suivante. Celle dont je vous parlerai prochainement.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 21:01

Cela fait peu de temps que j’ai commencé à lire les romans de Don Winslow. Un auteur dont j’avais pourtant entendu parlé depuis longtemps. Il est présent sur la toile, comme je l’ai déjà dit, mais ses bouquins sont également souvent chroniqués sur les sites spécialisés, blogs ou autres. Il est loin d’être un inconnu.

Il aura pourtant fallu que je parcours les rayons d’une librairie, que j’explore un peu, plus désœuvré que d’habitude, en territoire inconnu, pour tout dire en vacances, pour me saisir d’un de ses romans. Il s’agissait en l’occurrence de La patrouille de l’aube, encore suffisamment récent, en poche, pour ne pas avoir été renvoyé à son éditeur.

Après cette première lecture convaincante, je me suis dit qu’il pouvait avoir sa place sur mon blog… mais quelles ne furent pas mes difficultés à dégotter ses premiers romans ! Ceux de la série Neal Carey. Malgré la reconnaissance dont il bénéficie, Winslow subit le même sort que beaucoup, ses livres sont vite remplacés sur les étagères, une rotation qui ne laisse pas beaucoup de place à la mémoire, retour à une autre époque et ses fameuses oubliettes… N’habitant pas une ville richement dotée en librairies, et encore moins en librairies où exercent des libraires véritables, il m’a fallu fureter sur le net. Attendre la bonne occasion, car certains livres devenus rares sont proposés à des prix particulièrement élevés, indécents. L’occasion devient un marché aussi lucratif que celui des éditeurs en place.

 

Bref, j’ai eu la série Neal Carey en main et Winslow est depuis revenu dans l’actualité avec la traduction d’un roman datant déjà d’une quinzaine d’années, Dernier verre à Manhattan.

Je vous reparle de toutes ces lectures dans quelques jours.

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Published by Jérôme Jukal - dans Winslow Don
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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 14:34

Don Winslow est un auteur connu et reconnu. Connu surtout pour la partie la plus récente de son œuvre, la californienne. Mais elle ne se résume pas à cela. Pour mieux appréhender la richesse de son parcours littéraire, pourquoi ne pas remonter à la source, puis se laisser glisser jusqu’à ses derniers romans qui lui ont valu l’étiquette d’auteur du cool…

 

Pour mieux le connaître, un petit tour sur la toile peut déjà nous en apprendre un peu sur le bonhomme. Un romancier qui a pas mal bourlingué avant de se poser, de prendre la plume. Un auteur qui est passé d’un métier à un autre, de détective privé à guide de safari ou encore professeur, comédien, metteur en scène. Né à New York, il a grandi dans le Rhode Island avant de s’installer dans la Nebraska puis à San Diego, Californie.

De la même manière que ses pérégrinations, ses romans sont passés d’un éditeur à l’autre, tant aux Etats-Unis, de St Martin’s à Knopf puis Simon and Schuster, qu’en France, de Gallimard au Masque, en passant par Jean-Claude Lattes, puis Fayard et le Seuil.

Pour mieux le connaître et approcher sa biographie officielle, un petit tour par ces différentes maisons d’édition peut être une bonne entrée en matière. En commençant, pourquoi pas, par Fayard, éditeur d’un de ses romans les plus marquants, La griffe du chien. En continuant par Le Masque, et en terminant par la maison-mère, les éditions Jean-Claude Lattès. Après ça, vous ne pourrez pas dire que vous ne connaissez pas son âge, 60 ans cette année, ni ses fameux différents métiers.

Pour mieux connaître sa bibliographie, l’encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia, propose un article intéressant de ce point de vue. Le site k-libre offre une page avec des liens qui peuvent vous permettre d’aller plus loin et de parfaire votre documentation sur la bonhomme.

Pour approcher un peu plus de la personnalité du romancier, si cela est nécessaire, Quais du polar met en ligne une présentation plus personnelle ainsi que ses polars fétiches. La page anglaise de l’encyclopédie citée précédemment aborde ses méthodes de travail.

 

Enfin, pour terminer ce tour d’horizon, sachez que l’auteur a son site officiel. Si vous souhaitez entendre sa voix, un entretien accordé à Keith Rawson et mis en ligne sur You Tube peut satisfaire votre curiosité.

Et pour confirmer qu’il puise son inspiration aussi dans ses propres expériences, l’article de Yan Plougastel sur le site du Monde évoquant les différents endroits où Don Winslow est allé semble également retracer le parcours de Neal Carey, le premier personnage récurrent du romancier.

 

Comme d’habitude, avant d’aborder son œuvre et ma lecture de ses romans, j’évoquerai rapidement ma rencontre avec ses bouquins

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