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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 22:00

Je m’attaque aujourd’hui, de nouveau, à un monument. Un monument du roman noir, un de ces romanciers qui font avancer la littérature tout simplement… par delà tout carcan. Vous avez lu le titre, vous le savez, je vais évoquer David Peace. En commençant par sa présence sur notre vaste toile francophone et un peu (un tout petit peu) au-delà.

 

Un tel auteur ne peut être que présent, très présent, en ligne. Un tel auteur devenu culte, lu, lu et relu, disséqué par plus d’un… Mais un tel auteur reste un auteur récent, jeune, même pour notre réseau qui nous paraît parfois avancer plus vite que tout. Qui nous semble parfois défier le temps. Il faudra peut-être attendre encore un peu pour que Peace soit aussi présent qu’on pourrait s’y attendre. Il a une reconnaissance, un article à son nom dans Wikipédia, aussi bien en anglais qu’en français. Mais cette reconnaissance s’arrête là, les articles sont courts, fautes d’avoir pu accéder à des informations fouillées, fautes d’avoir été rédigés par des gens qui avaient le temps. Ils ne l’ont même pas pris pour s’attarder sur son œuvre. Mais je suis sûr que ça viendra, David Peace est un jeune auteur, un auteur récemment apparu, comme je le disais.

 

Pour en savoir un peu plus, il faut aller du côté de A l’ombre du polar, qui nous en parle plus longuement. Ça date de 2004 mais c’est déjà plus proche du bonhomme, je trouve. Pour nous en rapprocher un peu plus, il faut aller voir du côté des gens qui ont eu la chance, les veinards, d’approcher l’auteur et de lui poser quelques questions. Jean-Marc Laherrère fait partie de ceux-là et il nous le fait partager, sur son blog, et sur Bibliosurf. D’autres entretiens sont disséminés çà et là sur la Toile, façon puzzle, on finit par avoir une vision plus nette du monsieur et de ses intentions, de sa vision de l’écriture. Il y a notamment Libé et 20 minutes. Avec Libé, les questions ne sont pas toujours très pointues, elles permettent de remettre l’auteur dans son contexte.

 

Enfin, pour en finir avec ce tour de la Toile, deux sites nous offrent une approche de l’écrivain particulièrement intéressante. Sur Mollat.com, Olivier et Karine signent une présentation de l’œuvre claire et rapide. Ils font le tour de ce qu’on peut dire sur l’auteur… Mais l’article incontournable, le plus fouillé et peut-être le mieux écrit est l’œuvre de Stéphanie Benson, sur Europolar. A travers sa lecture de GB 84, elle nous propose une analyse de son style qui vaut le détour. A lire absolument.

 

Je reviendrai très bientôt sur ma rencontre avec les bouquins du monsieur et sur cette œuvre, justement, qu’il nous offre depuis quelques années déjà.

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Published by Jérôme Jukal - dans Peace David
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commentaires

Jean-Marc Laherrère 27/10/2010 09:32


Je suis pour ma part persuadé que c'est un auteur majeur, et un auteur majeur à côté duquel il est très facile de passer parce qu'il ne fait aucun "effort" pour accrocher un public.

Et dans mon esprit, il n'y a rien de péjoratif à vouloir "accrocher" son public. La plupart des auteurs américains de polar ont très présent à l'esprit l'obligation de faire passer un bon moment au
lecteur, sans pour autant sacrifier la qualité littéraire.

Peace non. Il écrit comme il pense devoir écrire, sans aucune concession, au risque de perdre des lecteurs. C'est un autre démarche, ni meilleure ni pire, juste autre.


Jérôme Jukal 27/10/2010 14:58



Bonjour Jean-Marc,


Je pense qu'effectivement, David Peace fait partie de ces écrivains que l'ont dit "exigeants". J'ai l'impression que la description que tu donnes de Peace, écrivain qui ne cherche pas à accrocher
ses lecteurs, correspond pleinement à cette catégorie d'écrivains.


Il faut, en effet, faire un effort pour le lire, s'accrocher parfois...


Et je te rejoins (on s'en serait douté) quand tu dis qu'il sagit d'un écrivain majeur.



Bruno 26/10/2010 14:23


Je comprends tout à fait l’analyse que fait Claude par rapport à l’approche qu’il peut avoir d’un auteur Comme David PEACE. C’est vrai que dans notre milieu de lecteur s de polars et de romans
noirs , on s’enflamme vite quand on a la conviction d’avoir mis la main sur un auteur hors pair ( et je passe volontairement sur les maisons d’édition qui nous trouvent tous les jours « Le nouveau
maître du thriller » ou le « nouveau génie du suspens »).
Comme Jukal je pense que David PEACE a peut être été trop vite encensé par la critique, et que face à un tel phénomène on peut légitimement se poser des questions, et celles de Claude me semblent
pertinentes. Mais là où je diverge un peu de Claude c’est que je ne pense pas que la non lecture d’un auteur soit la meilleure réponse à apporter, auquel cas, ce qui était un questionnement
pertinent devient un a priori dommageable.
Par contre, ce dont je suis convaincu, c’est qu’il y a un temps pour la rencontre entre un auteur et son lecteur, que l’envie de lire un auteur c’est quelque chose qui murit lentement, jusqu’à ce
que naisse l’envie de tenter la traversée vers l’autre rive et rejoindre ce dernier dans son univers. J'espère que cette envie viendra un jour à Claudecar je serai vraiment heureux de connaître son
avis sur cet écrivain.

Pour ma part, je rejoins totalement Jerôme dans ce qu’il dit de David PEACE. J’ai lu ses premiers romans, j’avais déjà beaucoup aimé. Avec sa trilogie japonaise je suis, je dois le dire, subjugué
(et j’attends le troisième volet).Mais mon inquiétude n’est pas de savoir si c’est véritablement un auteur devenu incontournable (personnellement, et modestement, je pense que oui) mais de savoir
si ce dernier n’a pas déjà donné tout ce qu’il avait à offrir à ses lecteurs. Car la maîtrise de son écriture et son sens de la narration sont tels que je ne vois pas comment il pourrait me
surprendre à nouveau dans ses prochains romans. David PEACE est un jeune auteur, qui a gagné en maturité de manière fulgurante.
Très intéressants échanges en tout cas !


Jérôme Jukal 26/10/2010 19:28



David Peace est arrivé dans le paysage littéraire avec quatre oeuvres d'une puissance étonnante... Il a ensuite visité d'autres paysages, à chaque fois des pans de son histoire personnelle
ou de l'histoire de son pays, il visite à présent sa ville d'adoption d'une manière particulièrement noire comme pour ses romans précédents. Je ne sais pas s'il pourra encore étonner mais il a su
avancer depuis le début en partant de bien haut. Un style puissant pour des histoires qui bousculent... J'espère qu'il me malménera encore longtemps.


Je préfère être optimiste, Bruno.


Merci pour ton commenaire en tout cas !



Claude LE NOCHER 24/10/2010 20:25


Salut camarade Jukal !
Bien que lisant un peu beaucoup, il m'arrive de passer complètement à côté d'un auteur. C'est le cas pour David Peace, je l'avoue sans la moindre honte.
L'a-t-on trop vite présenté tel un "incontournable du roman noir" alors qu'il avait encore des choses à prouver ? Est-ce parce qu'on a trop tôt qualifié ses livres de "lecture intelligente",
autrement dit adopté par certains milieux élitistes ? Le label "Rivages" suffit-il pour qu'il écrive à chaque fois des chefs d'oeuvres ? Ou, le plus simplement du monde, n'est-il pas assez éloigné
de l'idée traditionnelle du roman noir classique ?
Ce ne sont pas des accusations négatives, ce sont les questions que je me suis posé (à tort ou à raison). Auxquelles j'ai répondu en ne le lisant pas.
J'ai tort ? Peut-être ? Sans doute ? Va savoir !
Amitiés.


Jérôme Jukal 24/10/2010 22:13



Il y a tellement d'auteurs qu'il faut faire des choix, et il faut bien des critères pour ces choix... Les tiens en valent d'autres. Il y a, pour moi aussi, bien sûr, des auteurs auxquels je ne
viendrai pas. Pas tout de suite.


C'est sûr, David Peace a été encensé. Peut-être un peu trop rapidement. Il a la chance d'être édité chez Rivages, gage de bonne exposition.


De mon point de vue, il le mérite, mais comme le mérite aussi sûrement un auteur comme Ted Lewis par exemple... ou d'autres que je ne connais pas encore ou dont le nom ne me vient pas à l'esprit.


De mon point de vue, il faut lire David Peace, surtout ses séries, le quartet du Yorkshire ou cette trilogie japonaise en cours. Encore que ses romans one-shot, comme on dit, peuvent également
valoir le détour... J'en reparle bientôt.



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