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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:37

En novembre 2013 est paru le cinquième opus de la série de bande dessinée au chat détective récurrent, Amarillo. La déclinaison des couleurs se poursuit et elle est annoncé dès le titre, le jaune aura la priorité. L’exploration des années 50 aux Etats-Unis se poursuit également, une exploration en forme d’hommage au cinéma, à la littérature et à la musique de ces années-là. La musique a à voir avec le blues et le jazz, la littérature avec la “beat generation”, pour cette fois. Et John Blacksad traverse pour l’occasion certains états des Etats-Unis, à la suite de poètes et autres romanciers de ce courant littéraire.

 

A l’instar des épisodes précédents, peu de temps a passé depuis sa dernière aventure. Blacksad est toujours à la Nouvelle Orléans, coincé, sans assez de fond pour regagner ses pénates new yorkaises. Il accompagne à l’aéroport Weekly, le journaliste naviguant en eaux troubles, bien loin d’un Pulitzer, et trouve un boulot en même temps qu’un portefeuille, alors qu’il se demande comment regarnir son compte en banque.

Le portefeuille est celui d’un riche texan, ou ce qui y ressemble. Et, comme Blacksad lui rend son maroquin, il lui propose de ramener pour lui sa voiture à Tulsa, Oklahoma, pas tout à fait le Texas, donc. Une voiture jaune, presque dorée, une Eldorado.

La bande dessinée prend la route, une road-BD. Elle prend la route à la suite du chat détective et va, comme lui, croiser le chemin d’un duo, Chad Lowell et Abraham Greenberg. Deux poètes-routards, de ceux qui n’ont pas la soif du succès, juste le besoin des mots, de continuer à avancer, à bouger. Pas la soif du succès mais une autre soif, inextinguible celle-ci, celle des espaces et de l’alcool. Celles de se cacher, de fuir on ne sait quoi. Celle de vivre pleinement, sur la route.

Parce qu’ils ont subtilisé la voiture dont ils avaient la charge, Blacksad les poursuit, et tous les moyens de transports y passent, moto, train, car. De bars en gares routières ou ferroviaires, en passant par un cirque, spectacle ambulant presqu’idéal pour se cacher.

Les poursuivants se multiplient, Blacksad se retrouve flanqué d’un avocat, les flics leur emboitent le pas… Et tout cela avec un roman écrit sur un rouleau de papier. Ça pourrait en rappeler un autre.

 

Les citations foisonnent sans empêcher l’originalité de l’histoire. Une histoire dans cet univers que nous connaissons, sous le trait toujours aussi inspiré de Guarnido.

Pour coller à ce nouveau pan de littérature, Diaz Canales a abandonné le monologue du privé, nous proposant l’action pure, une errance le long de la route 66. Cette route qui passe notamment par Amarillo, Texas, et son monument à la gloire de l’automobile, ces fameuses Cadillac plantées dans le désert.

La série est décidément savoureuse et on attend avec impatience les prochains opus annoncés pour 2016.

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Published by Jérôme Jukal - dans Blacksad
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commentaires

Guillome 15/01/2014 17:46

Décidément, comme tu le dis, cette série est savoureuse ! cette dernière parution m'a beaucoup plu !

Jérôme Jukal 15/01/2014 18:52



Le dessin de Guarnido a toujours cette qualité, cette force, qui renforce l'hommage de Diaz Canales aux années 50 U.S.


C'est effectivement savoureux.



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